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    ‘Femmes au cœur des monothéismes : une histoire plurielle’

    Symposium interreligieux à Rabat, au Maroc

    jeudi 27 novembre 2014

    Une centaine de spécialistes provenant de 25 pays, des trois religions monothéistes, ensemble pour approfondir la dignité et le rôle de la femme pour la construction de la paix. De Belgique trois participantes : Laurence Flachon, pasteure protestante, Noufissa Bouchrif, musulmane, et Yolande Iliano, présidente de Religions for Peace Europe.


    Créer un réseau de femmes, dépassant la diversité de religions et cultures ; approfondir les textes sacrés pour retrouver la place de la femme dans la société d’aujourd’hui ; et promouvoir le dialogue interreligieux avec une dimension plus humaine. Voici certaines des conclusions du Symposium international qui a eu lieu les 12 et 13 novembre derniers à Rabat, capitale du Maroc.


    Organisé par le Centre for Women’s Studies in Islam, affilié au Conseil des Oulémas du Maroc, la rencontre s’est déroulée dans le cadre du Dialogue stratégique entre le Maroc et les États-Unis, sous le haut patronat du Roi Mohammed VI.


    La rencontre a commencé par un regard sur le rôle de la femme dans l’histoire des trois religions monothéistes. L’importance de partir des textes sacrés a été soulignée, l’objectif étant celui de retrouver la dignité de la femme en visant une plus grande égalité entre homme et femme, tant au niveau spirituel que moral et social. D’où la nécessité d’interprétations contextualisées des textes sur la figure féminine, souvent conditionnés par les habitudes du temps et par des facteurs politiques, économiques et sociaux.
    Christina Lee, co-responsable du dialogue interreligieux des Focolari, a présenté l’expérience du Mouvement des Focolari fondé par une femme, Chiara Lubich. Elle a parlé du « génie féminin » – comme l’a défini le Pape Jean-Paul II – c’est-à-dire cette capacité qu’ont les femmes de vivre pour les autres et de nouer des relations entre les personnes. Cette vision a été appréciée en raison de sa profondeur, sa spiritualité et ses perspectives futures.
    Il y a eu d’autres interventions importantes sur différentes formes de dialogue menées par les femmes d’aujourd’hui avec leurs difficultés, espérances et témoignages. La professeure Aicha Hajjami du Maroc, se demandait pourquoi, dans beaucoup de nations islamiques, certaines lois injustes envers les femmes persistent encore. « C’est une situation qui demande une profonde réflexion – ajoutait-elle – sur comment arriver à modifier ces lois avec les valeurs soutenues par l’islam. » Yolande Iliano, présidente de Religions for Peace Europe, a témoigné sur comment la sensibilité féminine fait naître des engagements collectifs interreligieux au niveau social et politique.


    Noufissa Bouchrif : C’était une chance et une joie d’avoir rencontré des femmes et des hommes brillants, intègres et qui vous guident et donnent envie d’œuvrer à leurs côtés pour changer et réformer nos idées et notre monde. L’ambiance de paix et de fraternité qui a régné, était exceptionnelle, vu nos différentes religions. On a pu créer un espace de dialogue, d’échanges et de confiance mutuelle. Une nouvelle solidarité féminine est née.

    Beaucoup de jeunes filles ont aussi apporté leurs expériences et attentes, qui ont mis en évidence le rôle crucial que la femme a à remplir pour construire l’unité de la famille humaine. Comme l’affirmait la professeure Asma Lamrabet, directrice du Centre des Études de l’Islam, le symposium a déjà été une réalité et un défi, pas uniquement un rêve.
     

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