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    Jordanie, Focolari, dialogue interreligieux

    samedi 7 septembre 2013

    À Amman, Maria Voce parle à un groupe de représentants institutionnels sur la contribution des Focolari au dialogue interreligieux

    Le Royal Institute for Inter-Faith Studies (RIIFS), fondé à Amman en 1994 sous le haut patronage du prince El Hassan bin Talal, offre, au niveau académique, une contribution pour éliminer les tensions entre les religions et les cultures, en promouvant la paix. Étant donné l’humus culturel et géopolitique dans lequel il naît, l’objectif principal du RIIFS est l’étude des rapports entre islam et christianisme.
    C’est dans ce contexte que le professeur Amer Al Hafi, directeur associé et responsable du Comité de recherche du RIIFS, a invité, ces derniers jours en Jordanie, la présidente des Focolari, Maria Voce, à s’adresser à un groupe compétent de représentants institutionnels, pour offrir la contribution que le Mouvement apporte dans le domaine du dialogue interreligieux, avec une attention particulière aux rapports avec l’islam.
    La rencontre s’est tenue à l’Arab Thought Forum (Forum de la Pensée Arabe) en présence d’environ 70 invités. Dr Kamel Abu Jamer, ancien ministre des Affaires étrangères, a ouvert la soirée en présentant Maria Voce comme une amie « de notre pays, l’unique nation de la région où toutes les religions sont libres d’être pratiquées, en accord avec le véritable esprit de l’islam, qui est un esprit de paix ».
    L’intervention de Maria Voce était axée sur l’expérience de dialogue née grâce à la figure charismatique de Chiara Lubich, soulignant que la Jordanie est un « pays où des musulmans et des chrétiens vivent depuis des centaines d’années côte à côte, offrant un grand témoignage de bonne coexistence ». Elle a aussi manifesté son appréciation « des innombrables initiatives promues par Son Altesse le roi Abdallah II ben Al-Hussein pour renforcer la coexistence, dont l’initiative accueillie par l’ONU de fixer chaque année une semaine consacrée à l’entente entre personnes de différentes fois ».
    Ensuite, retraçant le développement de la contribution des Focolari au dialogue, après avoir souligné l’amour comme méthodologie typique qui se réalise à travers celle que Chiara Lubich avait défini comme l’art d’aimer, la président a mentionné les expériences les plus significatives de dialogue islamo-chrétien, dont les Focolari ont été témoins ces dernières décennies. Il a été fait référence au rapport né en Europe avec de nombreux musulmans arrivés dans ce continent en raison de flux migratoires, l’expérience de Tlemcen en Algérie, celle aux USA avec les partisans de l’imam W.D. Mohammad et d’autres dans le contexte du Proche-Orient. « Souvent, le dialogue interreligieux – a affirmé Maria Voce – requiert de vaincre les incompréhensions du passé pour se redécouvrir frères […]. Travailler ensemble sur la base de l’amour et de la miséricorde apporte de nombreux fruits. On expérimente souvent que le chrétien devient un meilleur chrétien, que le musulman devient un meilleur musulman, et que la société, fruit de cette collaboration, devient elle aussi meilleure. »

    « Merci pour ce discours de cœur à cœur – a commenté Dr As Sadeq AlFapiq, secrétaire général du Forum de la Pensée Arabe. Nous avons perdu notre courage, mais ce mouvement est né dans un moment de découragement comme la guerre. Dans les moments tragiques naît toujours une nouvelle espérance. »
    « Le sacrifice est une méthode d’aimer qui peut unir les personnes – a été la réflexion du professeur Amer Al Hafi – et votre présence ici nous fait sentir que le Christ est encore vivant et qu’il envoie des signes à travers des personnes qui aiment. »
    « Ce que nous avons écouté ce soir est un fait vécu et concret – a ajouté Dr Azmy Shaheen. Le changement commence par soi-même. L’obectif est comment transformer cela en modèles concrets de paix et être des missionnaires de vie et pas seulement de paroles. »

    Des commentaires sur le moment que l’islam traverse n’ont pas manqué, avec toutes ses critiques sur le rôle de l’occident, pas du tout perçu de manière positive. Maria Voce s’est précisément adressée à eux, lors de la conclusion de la soirée, en remerciant pour la sincérité des analyses faites, qui ont mis sur le tapis aussi des problèmes et de la souffrance. « Je suis occidentale et je viens de l’occident, et si je pouvais faire quelque chose pour réparer l’injustice qui a été faite par cette partie du monde à vos pays, je le ferais vraiment avec tout mon cœur. » 
    Par Roberto Catalano

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