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    Pour une Eglise-communion : interview de Maria Voce, présidente des Focolari, sur sa vision de l’Eglise aujourd’hui

    mardi 12 mars 2013

    D’après l’agence catholique ZENIT (focolare.org)

    « Il me semble que la décision du pape Ratzinger, le 11 février dernier, nous a offert un concentré de sa réflexion théologique et spirituelle. Avant tout, la mise en évidence de la suprématie de Dieu, le sens que c’est Lui qui conduit l’histoire. Et encore, le fait de nous orienter à saisir les signes des temps et à y répondre en ayant le courage des choix difficiles mais innovateurs ; avec une note d’espérance, claire, avec cette « certitude que l’Église appartient au Christ ».
    Mais quelle est l’Église dont Benoît XVI a parlé ? Par amour de quelle Église a-t-il fait un pas d’une telle portée ? Je pense ne pas me tromper en indiquant l’’Église-communion’, à la fois fruit de Vatican II et perspective nouvelle, càd. ‘toujours davantage expression de l’essence de l’Église’, comme l’a souligné le pape Ratzinger à la fin de son pontificat.
    Un ‘ toujours davantage’, pour dire que nous n’y sommes pas encore pleinement.

    Quelle est alors la direction à prendre ?
    L’Église, on le sait, est pour le monde
    . Pour cette raison, face aux exigences d’une réforme ad intra, il me semble qu’elle doit privilégier le fait de porter son regard en dehors d’elle-même, d’intensifier le dialogue avec la société. Un tel contact vital lui permettrait de faire entendre clairement sa voix dans la fidélité à l’Évangile et en même temps, d’écouter les exigences des hommes et des femmes de notre temps. La conséquence ? Trouver de nouvelles ressources et une vitalité inattendue en son sein.
    Il faudra sûrement insister sur le dialogue œcuménique, sur le grand thème de l’union visible entre les Églises, en essayant de parvenir à des définitions de la foi et de la pratique ecclésiale acceptables par tous les chrétiens.
    Je souhaiterais encore une Église plus sobre, aussi bien par rapport aux biens qu’elle possède que dans ses expressions liturgiques et ses manifestations ; je proposerais une communication plus fluide et directe avec la société contemporaine qui permette aux personnes d’entrer plus facilement en relation avec elle, et une attitude d’accueil particulièrement large surtout par rapport aux personnes qui ne partagent pas ses idées.

    Universalité et ouverture aux dialogues seraient donc deux notes qui devraient caractériser l’orientation du nouveau pape. Pour qu’il puisse répondre à ces énormes défis, nous imaginons qu’il devrait être un homme possédant une spiritualité profonde, uni à Dieu afin de cueillir de l’Esprit-Saint les solutions aux problèmes, dans l’exercice constant de la collégialité, faisant aussi participer les laïcs, hommes et femmes, à la pensée et à l’action de l’Église.
    Pour nous il s’agit donc de travailler avec un nouveau sens de responsabilité, suscitant de nouvelles impulsions créatives à différents niveaux. Je pense à l’économie qui ne sortira de la crise qu’en se mettant vraiment au service de l’homme ; à la politique qui doit retrouver une crédibilité en revenant à être ‘vie commune dans la polis’  ; à la communication qui devrait être un facteur d’unité du corps social ; à la justice dans l’ouverture envers celui qui a fait fausse route, qui souffre des plaies de l’exploitation, envers celui qui a souffert à cause des erreurs d’autres hommes et d’autres femmes, même dans l’Église. Je pense à ceux qui se sentent exclus de la communion ecclésiale, comme les « nouvelles unions » par exemple. Cela aussi est Église parce que le Christ, qui l’a fondée, est mort sur la croix pour guérir toute division.
    Il s’agit de faire briller le vrai visage de l’Église. C’est pour cette raison que j’ai invité tous ceux qui partagent l’esprit du Mouvement des Focolari dans les différents pays, à prendre un nouvel engagement. Je leur ai proposé, en ce temps d’attente, de faire partout grandir l’écoute de l’autre, la confiance en lui, l’amour réciproque, afin que dans l’unité et la collégialité, l’Église puisse choisir le pape dont l’humanité a besoin ».
    D’après l’agence Zenit

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