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    Crise de Gaza

    photo Città Nuova

    vendredi 23 novembre 2012

    Aujourd’hui un cessez-le-feu met fin aux offensives entre Hamas et Israël. Nous rapportons l’entretien qu’un journaliste de notre revue italienne ‘Città Nuova’ a eu avec des membres de la communauté des Focolari qui ont vécu personnellement à Gaza le début de la nouvelle crise.

    « Nous sommes partis mercredi le 14 novembre pour rendre visite à notre communauté de Gaza – raconte Francesca, 35 ans, infirmière italienne, depuis un peu plus de dix ans à Jérusalem. Dès notre arrivée, nous avons appris la mort du chef militaire du Hamas, après avoir entendu la forte explosion du bombardement. À partir de ce moment, il a pratiquement été impossible de sortir du petit quartier chrétien dans lequel nous étions logés, sauf pour de brefs instants. »
    La Coréenne Corres, qui accompagnait Francesca, continue : « Nous avions amené des aides pour les amis de Gaza, récoltés par les amis du Mouvement des Focolari : vêtements, matériel scolaire, jouets pour les enfants, nourriture. Nous avons distribué ces quelques affaires et étions touchés de voir la générosité de ces personnes, qui, recevant les dons, nous indiquaient souvent d’autres familles qui en avaient plus besoin. Bien que l’on entende les bombes tomber, nous pouvons dire que nous sommes tous restés sereins. Nous avons prié ensemble, rencontré de petits groupes qui voulaient des nouvelles de nos communautés en Israël, en Palestine et dans le monde. Nous avons joué avec les enfants et pris le thé avec des jeunes et des adultes. »
    Francesca : « Nous restions au rez-de-chaussée des maisons, sans avoir d’abris où se rendre, sans être avertis par les sirènes d’alarme : parce qu’à Gaza les abris et les sirènes n’existent pas, on vit dans l’insécurité constante. La foi de ces personnes, leur espérance infinie nous touchait, si bien que c’étaient eux qui nous redonnaient du courage. Ils ne montraient aucune peur et nous répétaient continuellement : ‘Nous sommes dans les mains de Dieu’. Bien sûr, on entendait les bombes, mais on continuait à vivre dans la simplicité d’une vie fraternelle. L’un d’eux est même allé jusqu’au port pour acheter du poisson frais pour nous. La nuit, c’était le plus difficile : les vitres et la terre tremblaient à chaque explosion, alors que les avions tournaient continuellement au-dessus de la tête des habitants de Gaza ».

    Naturellement, les focolarines avaient signalé leur présence à l’ONU, qui préparait une expédition pour faire sortir les coopérants italiens et d’autres étrangers de la bande de Gaza. Pendant deux jours consécutifs, ils se sont rendus au lieu de rendez-vous pour partir, mais chaque fois un obstacle les empêchait de partir, jusqu’au jour où un convoi de l’ONU a pu escorter les coopérants hors de la bande de Gaza.

    Francesca conclut : « J’emmène une image forte de ces jours dramatiques : nous avions amené avec nous des crayons de couleur et des cahiers pour dessiner. Un enfant a dessiné une maison sous un arbre. Mais, au cœur de la maison, il y avait quelque chose que je n’arrivais pas à comprendre. Je le lui ai demandé. Et il m’a répondu : ‘Mais tu ne vois pas que c’est un missile ?’ Ces enfants ont grandi sans paix, sans sérénité, ‘jouant’ avec les missiles.  »
    Par Michele Zanzucchi (Source : Città Nuova online)

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