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    Hommes et femmes en Eglise : l’intervention de Maria Voce aux Semaines sociales de France

    le samedi 24 novembre 2012 à Paris

    vendredi 30 novembre 2012

    Du 23 au 25 novembre 2012 au Parc Floral de Paris : formation, débat et propositions sur les grands enjeux de société, à la lumière de l’Évangile

    Dans une institution dont la hiérarchie est masculine, quelle reconnaissance accorder à la contribution croissante des femmes ? Quelles pistes concrètes pour leur donner toute leur place ?

    Au cours des 3 jours de la session 2012 des Semaines Sociales, à Paris, Maria Voce est intervenue dans la réunion plénière du samedi 24 après-midi sur le thème : « Hommes et femmes en Église ». Le même sujet a été traité par le théologien Alphonse Borras, vicaire général du diocèse de Liège, suivi d’un débat animé par Anne Ponce, directrice de la rédaction du Pèlerin.

    Maria Voce présente le témoignage d’une femme à la tête d’un mouvement comportant des formes d’adhésion très variées, jouissant d’une diffusion au niveau mondial, fondé par une femme, Chiara Lubich, et qui, comme entériné par les statuts, sera toujours dirigé par une femme. Un mouvement qui, dans son essence même, implique l’unité dans la distinction ; c’est pourquoi l’exercice de la responsabilité est pratiqué conjointement par des hommes et des femmes.

    Maria Voce précise tout d’abord qu’il faut comprendre le rôle de l’homme et de la femme « à partir du dessein de Dieu sur l’humanité. Créés par Dieu à son image et à sa ressemblance’ (Gn 1,27), ils sont appelés à participer à sa vie intime et à vivre en communion réciproque dans l’amour, sur le modèle de Dieu qui est Amour, Trinité. La dignité de l’homme, en tant qu’homme et femme, a donc son fondement dans l’acte créateur de Dieu. Si la femme ne peut accéder à la carrière ecclésiastique, en revanche elle possède le plus grand des charismes, l’amour. Elle se reflète en Marie, la plus grande créature au monde, celle qui a vécu l’amour de façon parfaite ».

    Après avoir tracé à grands traits l’histoire et la composition du mouvement des Focolari, Maria Voce se demande : « Comment faire pour réunir toutes ces personnes, pour les rassembler dans une même famille ? Au sein du mouvement des Focolari nous sommes plus attentifs à la vie qu’aux structures, même si nous savons combien ces dernières sont utiles ». Pendant des années, l’Église a souvent mis cette structure à l’épreuve, « particulièrement en ce qui concerne la présence d’une femme, Chiara Lubich, comme fondatrice et présidente. Les tentatives d’annexions ou de mise sous la tutelle de la hiérarchie ecclésiastique ont été nombreuses. Initialement, il semblait qu’il devait y avoir un homme à la tête du mouvement, et si possible un prêtre. Chiara, et tout le mouvement avec elle, a toujours manifesté une obéissance inconditionnelle à l’Église. Pour Chiara en effet, la phrase d’Évangile Qui vous écoute m’écoute” (Lc 10,16), était à respecter de façon absolue. Cependant, il lui semblait que le fait d’avoir un homme à la tête de cette Œuvre en aurait altéré la nature même, une Œuvre, elle le savait mieux que quiconque, qui était née de Dieu et non d’un projet humain ».

    Ceci souligne que « la reconnaissance de la place de la femme dans l’Église ne va pas sans une forme de combat” c’est-à-dire de fidélité à soi-même, à sa conscience et, en dernière analyse, au plan de Dieu. Mais un combat qui, dans le cas concret que je cite, a eu les caractéristiques d’une Pâque”, c’est-à-dire d’une mort et d’une résurrection, cette dernière manifestant bien l’intention de Dieu, l’expression de sa volonté sur le rôle de la femme ».

    « Cette présidence féminine est significative – continue Maria Voce – Elle montre la nécessité de distinguer entre pouvoir de gouvernement et importance du charisme ». C’est un message lancé à l’Église « pour souligner la priorité de l’amour, priorité qui n’est pas un monopole féminin. Mais il est certain que la femme, en raison de sa disposition à la maternité a certainement une grande capacité d’aimer, une capacité interne, de ressentir ce que l’autre ressent, d’être touché par ce qui le touche. Comme seule une mère peut l’être ». Maria Voce souligne que le véritable pouvoir réside dans l’amour selon l’Évangile, qui engendre la présence de Jésus au milieu de la communauté. Elle affirme que lorsqu’on construit sur cette base, « il s’opère un bouleversement extraordinaire ».

    « L’unité entre l’homme et la femme demeure un équilibre toujours précaire, continue-t-elle. L’un ne doit jamais cesser de redécouvrir la valeur de l’autre ; tous les deux ne doivent jamais cesser de considérer la diversité comme une richesse, ni se lasser de reprendre chaque fois la voie royale du dialogue ». Une Œuvre qui veut « témoigner de l’unité de la famille humaine doit avant tout assurer l’unité en son sein ». Il faut être conscient – rappelle-t-elle en conclusion – « que toute structure ecclésiale n’existe pas pour elle-même mais pour le bien de l’humanité dans laquelle elle est plongée ».

    Pour lire l’intervention de MAria Voce dans son intégralité, voir le doc. en annexe.

    Info : http://www.ssf-fr.org/ssf

    Interventions au cours des 3 jours des Semaines sociales e. a.- Viviane Reding, Luxembourgeoise, vice-présidente de la Commission européenne

    - Najat Vallaud-Belkacem, ministre française du Droit des femmes

    - Sylviane Agacinski, philosophe

    - Jacques Arènes, psychanalyste

    - Khoudia Sow, sénégalaise, sociologue et médecin

    - Véronique Margron, théologienne en éthique

    titre documents joints

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