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    L’identité et le dialogue : des clés pour le rapprochement entre les religions

    dans la pampa argentine, le 4e symposium judéo-chrétien

    lundi 12 septembre 2011

    Nous rapportons quelques passages du journal de voyage écrit par le Père Fabio Ciardi (un des intervenants du symposium), passages qui nous offrent une synthèse de ce qui s’est vécu au cours des 5 jours extraordinaires du Symposium interreligieux.

    Nous avons attendu qu’apparaissent dans le ciel trois étoiles, signe que le Sabbat était terminé. Le rendez-vous était fixé devant un grand hôtel du centre de Buenos Aires, dans lequel étaient logés quelques-uns des amis juifs venus des Etats-Unis, d’Europe et d’Israël. Après trois heures de voyage, nous sommes arrivés à la cité-pilote ‘Mariapolis Lia’, en pleine nuit.

    première journée du symposium Judéo-Chrétien. Quatre-vingts participants venant de différentes parties du monde
    . L’atmosphère est très particulière, avec une grande écoute réciproque. Au cours des précédents symposiums, surtout celui de Jérusalem [ndr : en février 2010], nous avions déjà rencontré un grand nombre des participants actuels. Le thème choisi cette fois-ci est l’identité et le dialogue, deux réalités qui s’interpénètrent : l’identité est le fruit de la relation. On assiste à des interventions très profondes, avec une lecture du point de vue philosophique, anthropologique, psychologique, où reviennent souvent les noms de Martin Buber, Emmanuel Levinas, Viktor Frankl, Paul Ricœur…
    Si la nuit dans la Pampa argentine est silencieuse, avec l’imperceptible chant des étoiles, le jour est un concert de mille oiseaux. Il s’établit un crescendo par rapport aux trois jours précédents : une connaissance plus profonde, une confiance plus grande, un amour plus sincère. On se croirait dans un rêve. Aujourd’hui, à côté des conférences habituelles, nous faisons les rencontres de dialogue pour le monde de la justice, de la communication, de l’éducation… 

    La forte affirmation de son identité peut provoquer l’affrontement
    . Seul, le « non être » réciproque face à l’autre, en tant qu’expression de l’amour, permet à l’autre « d’être » et lui permet de se retrouver pleinement dans son identité religieuse la plus profonde : être amour. Il semble presque superflu de parler du dialogue entre nous, tant est profonde l’unité atteinte. Quand les rabbins parlent, on perçoit toute la sagesse des siècles.
    Mon intervention : Le Crucifié, icône de l’amour extrême. L’amour le plus grand, a dit Jésus, est celui qui arrive à donner sa vie pour ses amis (Jn 15,13). Il est le nouveau regard nécessaire pour construire la fraternité universelle : voir en tous des frères et des sœurs et se comporter comme tel.
    Chiara Lubich a traduit cet amour extrême de Jésus par une expression simple et exigeante : « se faire un » avec l’autre, c’est-à-dire le comprendre jusqu’au fond, entrer dans son monde, partager ses sentiments. C’est le préambule de chaque dialogue. 

    Le symposium s’est achevé au siège du Ministère des Affaires Religieuses, à Buenos Aires.
    Nous partons en nous sentant appelés personnellement pour accomplir cette œuvre de médiation entre tendances, positions et expériences, parfois contrastantes. Le chemin – nous l’avons compris ces jours-ci – est celui de n’être rien d’autre qu’une présence d’amour, sans prétention ni jugement, être au service, jusqu’à devenir ce « rien d’amour » qui permettra la rencontre.

    Tiré du journal de voyage du Père Fabio Ciardi

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