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    Dans sa nouvelle encyclique Benoît XVI cite l’économie de communion

    Réflexions du Prof. L. Bruni

    lundi 27 juillet 2009

    Dans son encyclique ‘Caritas in Veritate’ le Pape Benoît XVI évoque le marché, l’économie, la justice mondiale et le développement des peuples en mettant d’importants accents nouveaux. Il cite aussi ‘l’économie de communion’, un projet innovateur au sein du Mouvement des Focolari, dans lequel sont engagées plus de 700 entreprises de par le monde.

    Le ‘marché’ comme valeur absolue : non
    Benoît XVI reconnaît la valeur du marché, mais exige que les principes et mécanismes tels que le don et la réciprocité aient une place centrale. Pour lui, l’amour régit non seulement les micro-relations : rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais également les macro-relations : rapports sociaux, économiques, politiques.
    Cette affirmation est, à mon avis, d’une portée révolutionnaire. En effet, une des grandes constantes qui remontent au monde grec et romain, est une vision dichotomique de la vie : corps-âme, spirituel-matériel, contemplation-praxis, eros-agape. Cette vision dichotomique ou dualiste est aujourd’hui encore très forte dans le domaine économique et civile, lorsqu’on affirme, dans la théorie et dans la pratique, l’opposition entre gratuité et marché, entre don et économie.

    L’amour comme moteur de la vie économique
    Le Pape dit que c’est l’amour, la caritas qui peut et doit inspirer le don et le contrat, la famille et l’entreprise, le marché et la politique. On peut vivre en chrétien et arriver jusqu’à la sainteté, certainement par la vie contemplative et par la prière, mais aussi en étant chef d’entreprise et travailleur, ou en s’engageant dans la politique pour le bien de son peuple.
    Le profit - La gratuité
    Si la gratuité est une dimension fondatrice de l’humain, il en découle logiquement que le profit ne peut être le seul but de l’entreprise, d’aucune entreprise et pas seulement des entreprise no-profit car, lorsque cela arrive (comme dans la récente crise financière), tout dans l’activité économique de l’entreprise est traité comme un instrument : personnes, nature, relations, et rien n’a de valeur en soi. D’où la référence du pape à ‘l’économie de communion’.

    « La communion est le nouveau nom de la paix »Nous pourrions ainsi décliner un des messages centraux de l’encyclique, qui est aussi le défi de l’économie et de la paix des années à venir, et qui doit interpeller les puissants de cette terre.

    L’économie de communion
    Lancé en 1991 par Chiara Lubich, comme réponse aux flagrantes disparités entre riches et pauvres, ce projet veut être une expression visible des défis actuels et des prophéties exprimées dans l’encyclique. (v. sur ce site sous "Projets" : économie de communion)

    Prof. L. Bruni, économiste

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