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    Maria Voce : De l’espace pour les femmes, mais pas de revanche

    jeudi 18 janvier 2018

    Interview dans la revue hebdomadaire catholique italienne “Famille Chrétienne”, Maria Voce, présidente des Focolari, répond au sujet du rôle de la femme et des défis actuels de l’Église.


    « Les femmes, futur de l’Église ? », titre l’article-interview d’Alberto Chiara, sur deux pages, illustrées de grandes photos, dans le numéro spécial de fin d’année de la revue éditée par la San Paolo. Mais au cours de l’interview le thème s’élargit, passant du rôle de la femme dans l’Église aux défis ouverts du pontificat de François pour aller à la rencontre des pauvres et des laissés-pour-compte, jusqu’à l’engagement du dialogue avec les nouvelles générations, qui fera l’objet du Synode des évêques en octobre prochain, précédé par une série d’événements pré synodaux de grande envergure.
    "Les femmes sauveront-elles l’Église ? « Jésus Christ l’a déjà sauvée », répond synthétiquement Maria Voce. « Ce qui compte c’est ce que font, ensemble, les hommes et les femmes des différentes communautés ». Le journaliste insiste en rappelant les récentes nominations de deux femmes par le pape François, dans deux Dicastères clés – pour les laïcs et pour la famille et la vie – toutes deux mariées avec enfants, Linda Ghisoni et Gabriella Gambino. « Il me semble que chez le pape François il y ait l’intention d’affirmer qu’un rapport authentique, vrai et complémentaire se trouve entre la femme et l’homme » réplique Maria Voce. « Naturellement ce rapport a toujours existé. Au début « Dieu créa l’homme, homme et femme il les créa ». Il créa deux êtres différenciés qui ensemble constituent l’humanité ».
    « Après tant de masculinité, le moment est-il venu pour les femmes de prendre leur revanche ? » « Le pape François veut que la femme ait la possibilité, comme l’homme, de dire ce qu’elle pense à l’intérieur de l’Église, en assumant aussi des rôles de responsabilité grandissante, sans pour autant écraser l’homme, mais au besoin en mettant en valeur ses propres qualités, en particulier sa capacité d’engendrer et de maternité. Aucune revanche donc, même si jusqu’à présent les femmes n’ont pas eu d’espace adéquat. Dans l’Église comme dans la société ».

    A propos de l’état de santé de l’Église ces temps-ci, Maria Voce commente : « Je suis très contente de vivre à cette époque, avec cette Église ». « Nous ne pourrions nous trouver à une meilleure époque ». Et d’ajouter : le signe qui me convainc le plus est la sérénité profonde qui marque le rapport entre le Pontife et le peuple de Dieu. François est un pape toujours généreux, accueillant, prêt à s’ouvrir, soucieux de comprendre les difficultés de l’humanité ». Il ne cache pas les difficultés du moment, même à l’intérieur de l’Église, mais « à chaque époque, ses difficultés. La règle s’applique aussi de nos jours. Combien de fois je pense à ce que doit souffrir le pape Bergoglio de ne pas se sentir compris, lapidé par des jugements sévères à cause de propos rapportés hors de leur contexte… ». Devant choisir un puis deux mots qui caractérisent le pontife actuel, la présidente des Focolari indique « charité » et « vérité », mais elle précise : « L’un n’exclut pas l’autre. Bergoglio sait que tout ce qu’il dit ou fait peut déranger, peut ne pas être compris en profondeur par tout le monde. Mais il avance, mû par l’amour, pour améliorer, corriger certaines situations ». A propos des champs d’actions privilégiés du Pontife actuel, Emmaüs observe : « L’attention insistante du pape envers les pauvres, les malades, les marginaux, sa capacité à se pencher sur celui qui se trompe, ne lui fait pas oublier les autres aspects ».


    En présence d’une Église toujours plus ouverte au dialogue d’égal à égal avec tout le monde, Maria Voce exprime un rêve : « Que le pape organise une journée de prière commune et invite les responsables des autres Églises, orthodoxe, anglicane, luthérienne, méthodiste, baptiste… à prier ensemble une fois par an, pendant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens ou à un autre moment. Je crois que si les croyants voyaient leurs responsables prier ensemble habituellement, ils découvriraient que l’unité dans la diversité est possible ». L’interview se termine par une boutade au sujet des jeunes auxquels l ‘Église entend accorder cette année une attention particulière : « Nous, adultes, devrions les écouter ».

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