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    Évangile vécu : essayer pour y croire

    jeudi 18 mai 2017

    Carmen, une jeune universitaire portugaise, commence à vivre l’Évangile avec d’autres. Leur manière de faire est contagieuse, au point d’avoir une incidence sur les institutions, et les questionnements existentiels trouvent une réponse.

    « Il existe des questions vraiment difficiles : pourquoi la mort, pourquoi les guerres, la violence, les séparations, le fossé entre riches et pauvres… Souvent j’en parle avec les amis de l’université – j’étudie langues et littérature à l’université de Porto, au nord du Portugal – mais personne ne réussit à m’enlever ces inquiétudes.
    Un jour quelqu’un me parle de l’Évangile et me propose de le vivre. Je ne peux y croire, je conteste, je connais tellement de monde qui se dit chrétien, et moi y-compris, mais après deux mille ans les choses sont toujours les mêmes. Étant donné qu’à la fin quelqu’un est vraiment là à m’écouter, je me défoule en sortant mes doutes, mes préjugés pendant pas mal de temps. Quand il est temps de nous quitter il ne reste à cette personne que le laps de temps pour dire un seul mot : « Essaie ! »
    A Porto, j’habite dans un appartement avec d’autres filles. Ce jour-là je suis restée seule à la maison parce que je devais préparer un examen. Une femme frappe à la porte. Ma première réaction est de m’en débarrasser rapidement, mais cet « essaie » qui de temps en temps revient et m’interpelle, me retient. Il n’y a pas grand-chose à la maison mais je trouve quelque chose à donner à cette femme. Peu de temps après ma mère m’appelle, comme elle est en ville pour un check-up médical, elle veut s’assurer que j’y suis : elle a un panier de fruits et de la viande pour nous. Mon cœur est plein de joie, non pas tellement pour ces bonnes choses qui nous rassasieront pour toute la semaine, mais parce que cela confirme que l’Évangile est vrai. Ce peu de chose que j’avais donné à cette femme, je le reçois au centuple, selon la promesse « donnez et vous recevrez”.
    Un nouveau rapport avec Jésus commence, qui se consolide chaque fois que j’essaie de reconnaître son visage en toute personne qui passe à côté de moi. Pour mon anniversaire, j’avais reçu une paire de gants en cuir. Je les attendais depuis longtemps puisqu’ici il gèle quelquefois. Dans le bus je vois une femme qui tremble de froid. Et si je lui donnais mes gants ? Sitôt pensé, sitôt fait.
    Je vais au cours lorsqu’une dame m’arrête, elle a un enfant dans les bras et pleure. Je ne veux pas me retarder, je me justifie en moi-même en essayant de m’en aller. Mais dans mon cœur, une pensée : “comment puis-je dire d’aimer Dieu que je ne vois pas si je n’aime pas le frère que je vois ?” (cf Jn 1,20). Je regarde la montre et j’ai du mal à penser que je dois m’en aller, alors je m’arrête et je m’intéresse à sa situation. Elle me raconte qu’elle a à peine laissé un enfant sans forces à l’hôpital. Elle habite avec son mari et ses 8 enfants dans deux misérables pièces.
    Sur le champ, toute seule, je ne peux pas faire grand-chose, mais je lui promets d’aller lui rendre visite. Le même jour j’en parle aux autres jeunes et aux familles de la communauté des Focolari que j’avais commencé à connaître, et chacun se propose d’aider avec ce qu’il a. Nous répondons ainsi aux premières nécessités (nourriture, vêtements, objets pour la maison) et nous organisons des tours pour aider les enfants à faire leurs devoirs et jouer avec eux tant que la maman s’occupe de l’enfant hospitalisé.
    En même temps nous essayons de comprendre comment présenter la situation à la mairie, en leur demandant une habitation digne. Quelques semaines passent et finalement, le camion tant attendu de la mairie arrive pour le déménagement dans un logement social. J’ai le privilège de porter leur plus petit enfant dans la nouvelle maison. Je ne pourrai jamais oublier le voyage en bus avec le petit dans les bras qui dort serein.

    Maintenant les grandes questions, qui sont toujours là, ne restent plus sans réponse : je sais qu’en faisant le premier pas non seulement on entraîne d’autres personnes à aimer, mais on peut vraiment avoir une influence sur la société ».

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