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    Une vie pleine et pétillante

    vendredi 5 mai 2017

    A l’occasion du 50ème anniversaire de ‘Familles Nouvelles’, nous parlons avec Anna-Maria et Daniele Zanzucchi, l’une des premières familles à suivre la nouvelle spiritualité de l’unité fondée par Chiara Lubich.


    Qu’est-ce qu’a signifié pour vous la rencontre avec Chiara Lubich ? Quelles conséquences pour vous et votre famille ?
    Danilo :” Dans le milieu où nous avons grandi, Anna-Maria et moi-même, les habitudes étaient très marquées par la tradition. La famille existait, mais elle était souvent unie par une convention sociale. En connaissant Chiara nous avons compris qu’être chrétiens était avant tout un choix de vie. Aussi avons-nous pas mal souffert pour nous libérer de toute une manière de penser de l’époque, de l’attachement à notre position sociale, à notre milieu, à notre profession. J’étais destiné à devenir un ingénieur de renom, mais pour vivre l’Évangile avec radicalité, nous avons commencé à recevoir des pauvres, à faire la communion des biens ; toutes choses qui scandalisaient notre entourage parce que nous rompions avec les habitudes d’une ville bourgeoise. C’est ainsi que mes parents n’ont pas compris notre choix et s’y sont opposés. Je me souviens d’un jour où je suis allé parler dans un village de montagne, parce que j’étais aussi président diocésain des hommes catholiques. J’éprouvais une grande souffrance et un déchirement intérieur. Tout de suite après je suis allé à l’église et je me suis trouvé en face d’une statue qui représentait Jésus crucifié et abandonné. J’ai compris que pour être chrétien il faut passer aussi à travers ces moments douloureux ».


    Igino Giordani (Foco) écrivait en 1956 que “les personnes mariées elles aussi sont en mesure de réaliser leur appel à vivre la perfection de la charité évangélique”. Pourriez-vous commenter cet écrit ?
    Anna-Maria : “Chiara avait profondément compris que les personnes mariées sont elles aussi appelées à la perfection de l’amour. Pour vivre ainsi nous avons dû nous détacher du modèle familial qui existait alors, et chacun de nous a fait un choix personnel, y compris nos enfants. Elle a suivi avec amour chacun des membres de notre famille, elle a mis en valeur l’appel personnel de chacun afin que nous soyons une famille qui puisse vivre en tant que telle la phrase de l’Évangile : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, Je suis au milieu d’eux » (Mt, 18, 20). Foco a donné une forte contribution pour mettre en lumière l’aspect divin de la famille tout en valorisant aussi son côté humain. […] Il lui semblait nécessaire de revenir au temps des premiers chrétiens où l’on disait que les personnes mariées aussi sont consacrées, avec le célibat en moins, mais toutes données à Dieu. »


    Vous étiez présents lorsque Chiara a fondé le ‘Mouvement Familles Nouvelles’, le 19 juillet 1967. Qu’avez-vous compris à ce moment-là ?
    Anna-Maria. “C’était au cours de la première école de formation des focolarini mariés. A un certain moment Chiara a compris que quelque chose de nouveau pouvait naître. Dès que je l’ai connue, à Tonadico en 1953, j’avais eu l’impression que son regard embrassait toute l’humanité. Elle nous projetait alors vers un vaste horizon en nous confiant le monde de la famille, les situations familiales douloureuses et difficiles, les orphelins qu’elle avait très à cœur. Quant aux fiancés … dès les débuts du mouvement Chiara avait très à cœur les jeunes qui se préparaient au mariage, elle mettait en valeur ce qu’ils vivaient, les invitait à faire grandir l’amour de l’un envers l’autre. Elle voulait qu’ils comprennent que l’amour est un don de Dieu et que les difficultés qu’ils peuvent éprouver ont, elles aussi, un sens. Elle leur a fait aimer l’amour, l’amour authentique, et elle a agi de même avec les mariés ».


    Vous avez vu naître ‘Familles Nouvelles’ et vous avez rencontré des familles du monde entier, qui ont trouvé dans la spiritualité de l’unité une réponse aux défis rencontrés par la famille dans divers contextes. Qu’est-ce que cela a été pour vous ?
    Anna-Maria : “Chiara valorisait la culture et les caractéristiques des divers pays et traditions locales, mais elle allait ensuite à la racine de l’Homme, à l’être humain créé par Dieu. L’expérience que nous avons faite en voyageant dans le monde a été extraordinaire, parce que l’on se sentait frères, comme si nous avions toujours vécu ensemble. On allait visiter les riches et les pauvres. Aux Philippines et au Brésil, par exemple, nous avons été dans les favelas où les routes en terre sont larges de 1,5 m et où les maisons sont faites de pièces plus ou moins accolées les unes aux autres. Là aussi est arrivé l’idéal de l’unité ».


    Qu’est-ce que Chiara a laissé de plus précieux à votre famille ?
    Anna-Maria : “Elle nous a fait respirer l’amour et nous a appris ce qu’il est, avec toutes ses caractéristiques : aimer en premier, se faire un avec l’autre. Elle nous a fait voir la beauté de l’unité vécue avec elle et entre nous. Elle nous a aussi mis dans les conditions d’éprouver cette joie, cette plénitude, cette force pour affronter les difficultés, les échecs qui se présentent dans la vie de famille. Elle nous a donné une lumière si forte au point de voir que celui qui a engendré cette unité dans le monde est Jésus abandonné qui a accueilli la souffrance par amour, une lumière qu’elle nous a donnée comme source de vie. Ce fut la base pour comprendre aussi comment éduquer et faire grandir nos enfants ».


    Giovanna Pieroni

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