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    François en Égypte : des chemins de paix s’ouvrent

    (photo : www.focolare.org)

    mercredi 3 mai 2017

    Entretien avec Sami Creta, un jeune des Focolari, chargé de la relation avec les journalistes vaticanistes et qui a aussi suivi des réseaux sociaux officiels du récent voyage du Pape dans son pays.


    Sami travaille comme responsable de la programmation au Centre Culturel des jésuites à Alexandrie en Égypte. Il a été engagé dans l’organisation de ce courageux voyage du Saint Père dans son pays. Une visite qui a tenu en haleine l’attention du monde entier, en raison aussi des risques d’attentats après ceux qui ont eu lieu récemment.


    Comment est né ce voyage ?
    « A des moments différents, le pape avait reçu trois invitations à se rendre en Égypte. La première a été faite par le Patriarche Tawados II, lorsqu’il s’est rendu au Vatican à l’occasion de son premier voyage à l’étranger (10/05/2013). A son retour il parlait de « Frère François » et il a choisi la date du 10 mai comme fête de « la fraternité catholique-orthodoxe ». […]. Nous avons alors compris le grand désir du Patriarche de promouvoir cette relation. La rencontre de prière œcuménique avec cinq patriarches et deux responsables d’Églises évangéliques s’est déroulée dans l’Église où a eu lieu l’un des attentats.
    A plusieurs reprises le Pape a parlé de « l’œcuménisme du sang » qui nous unit. Il faut dire que cette année, précisément en raison des attentats, nous n’avions pas célébré la Pâque, mais la visite du Pape François a été une réconciliation, une grande joie, une véritable Pâque. La seconde invitation est celle du Président Al-Sisi, lors de sa visite au Vatican en 2014. Il cherche à promouvoir une culture de paix, non sans difficultés. La troisième est venue du Grand Imam de al-Azhar (2016). A cette occasion le pape lui offert l’Encyclique « Laudato sii » […]. Le discours du Pape à l’Université de Al-Azhar a été très important, c’est peut-être un nouveau début. Maintenant je crois qu’il faudra plus de courage pour aborder les questions plus sensibles, pour aller à fond aussi dans l’histoire… Maintenant c’est à nous Egyptiens de travailler à faire avancer les choses. »


    En plus de ces événements importants, le Pape François a aussi rencontré les religieux et les religieuses, les prêtres et les séminaristes catholiques.
    “Il leur a parlé comme un pasteur à ses disciples. La communauté catholique en Égypte est une minorité dans la minorité (moins de 1%), et pourtant c’est un référence importante dans le dialogue interreligieux, surtout à travers les religieux : grâce à leur manière d’être, toujours ouverte au dialogue. Et c’est aussi notre spécificité, à travers le dialogue de la vie, aidés par la spiritualité de l’unité. »


    Selon toi, qu’est-ce qui peut changer avec cette brève mais intense visite ?
    “Je crois que de nouvelles voies à parcourir se sont ouvertes, spécialement en ce qui concerne le dialogue interreligieux et œcuménique. Il y a désormais davantage de confiance dans le Pape, dans l’Église. Je pense qu’il sera plus facile d’aller de l’avant. Il faut rester ouverts, même si, à mon avis, il faudra du temps pour assimiler et comprendre en profondeur les différents discours du Pape. Au cours de la messe, lors de son homélie sur les disciples d’Emmaüs, lui-même a souligné qu’ils avaient mis du temps à saisir l’événement du Ressuscité. Nous aussi, après cette visite, nous sentons, comme ces disciples, “notre cœur tout brûlant” d’une grande joie ».

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