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    Maria Voce évoque Chiara : interview à Radio Vatican (version intégrale)

    mardi 21 mars 2017

    9 ans après la mort de Chiara Lubich, la présidente des Focolari évoque la figure de Chiara au micro de Radio Vatican. Si le dialogue est amour, il construit des communautés, il construit des communautés de paix. L’interview complète.


    Qui était Chiara Lubich ?


    Le 14 mars 2008 la fondatrice du Mouvement des Focolari s’éteignait à Rome, à l’âge de 88 ans, après une longue maladie. Dans son télégramme de condoléances, le pape Benoît XVI reconnaissait en elle « l’engagement constant pour la communion dans l’Église, pour le dialogue œcuménique et la fraternité entre tous les peuples ». En outre, il remerciait le Seigneur « pour le témoignage de son existence dépensée à l’écoute des besoins de l’homme contemporain » et il souhaitait « que tous ceux qui l’ont connue continuent à avancer sur ses pas en maintenant son charisme vivant. » Un charisme au cœur duquel se trouve l’unité de la famille humaine. Une utopie si elle n’était pas basée sur la foi inébranlable en l’amour de Dieu Père et dans les paroles de Jésus : « Que tous soient un ». Un charisme qui a donc beaucoup à dire au monde d’aujourd’hui comme le confirme – au micro de Adriana Masotti – Maria Voce, présidente actuelle des Focolari :


    L’une des définitions qui a été attribuée à Chiara est celle de « femme de dialogue ». De dialogue on parle souvent aujourd’hui dans divers domaines mais à la fin on ne l’entreprend pas ou bien on ne sait pas comment l’entreprendre. Qu’était le dialogue pour Chiara et comment le mouvement des Focolari vit-il cette dimension ?
    Pour Chiara, le dialogue était un style de vie, ce qui signifiait rencontrer chaque personne comme un frère. Chiara ne voulait donc pas entreprendre le dialogue. Chiara voulait aimer les frères et en allant ainsi à la rencontre de toute personne, elle ouvrait son cœur et spontanément le frère répondait avec une ouverture tout aussi grande. C’est ainsi que s’ouvrait le dialogue. Il en est de même pour nous aujourd’hui. Quelle que soit la personne qui est devant nous, nous nous mettons dans cette attitude, […] en ayant toujours le cœur ouvert sans considérer les différences ou faire de distinctions, quelles qu’elles soient sinon pour y reconnaître la possibilité d’une rencontre qui nous enrichit. En effet, chacune est une rencontre avec un frère qui a un don pour nous, quelle que soit l’ethnie à laquelle il appartient, quelle que soit sa religion, quelle que soit la catégorie sociale dont il est issu, quel que soit son âge.


    Par conséquent, la conviction est-elle forte, de la part du Mouvement, que le dialogue est un instrument adapté pour résoudre également de nombreux conflits d’aujourd’hui ?
    Certainement ! Il n’existe pas d’autres possibilités. Pourquoi ? Parce que le dialogue est amour. Et si le dialogue est amour, il peut vraiment changer la situation du monde. Il peut faire revenir la paix là où il y a la guerre.


    Au début de son expérience spirituelle, Chiara a ressenti fortement le cri de douleur de l’humanité et a décidé de se charger de cette douleur. De quelle façon l’Œuvre qu’elle a fondée se situe face aux si nombreuses blessures que le monde vit actuellement ?
    Elle veut se situer avec la même confiance de Chiara, une confiance basée justement sur le cri de Jésus crucifié et abandonné. Chiara en effet a reconnu dans ce cri certainement le moment où le Fils de Dieu a le plus souffert mais aussi le moment où le Fils de Dieu nous a le plus aimés. Et justement parce qu’il nous a le plus aimés, il a reconstitué à ce moment-là l’unité rompue entre Dieu et les hommes et des hommes entre eux. Il n’existe donc pas d’autre chemin pour arriver à l’unité si non celui de passer par la souffrance, et celle-ci est dense d’amour : c’est donner sa vie pour les autres. Pour cette raison, en comparant toutes les souffrances du monde d’aujourd’hui, aussi bien au niveau personnel que de la société, des peuples et des nations, le Mouvement essaie de reconnaître son visage, de reconnaître un Dieu qui est mort, mais qui est ressuscité et qui peut donc ressusciter à partir de toutes ces souffrances.


    – Et cela se traduit alors en de nombreuses initiatives, concrètes…
    Exactement. Elles commencent peut-être par un simple acte d’amour d’une famille qui s’est rendu compte que d’autres familles étaient confrontées à la même souffrance qu’elle. Cette famille essaie de se charger de la souffrance de leur enfant handicapé en créant un réseau de solidarité entre tous, impliquant d’autres familles, impliquant la commune. Elle se rend compte qu’en commençant à aimer dans cette douleur le visage de Jésus abandonné, quelque chose se transforme. Et nous le constatons : dans le territoire où nous sommes, dans les territoires en guerre où les nôtres essaient d’aimer aussi bien les amis que les ennemis, dans le partage des biens qui se fait entre toutes les familles sans considérér à quelle ethnie ou à quelle religion on appartient… Et nous le voyons continuellement dans de nombreux rapports qui transforment et construisent vraiment des communautés nouvelles qui se mettent en réseau et se répandent de plus en plus.


    Source : Radio Vatican

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