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    Un Père Blanc belge en Afrique

    dimanche 5 février 2017

    Jos Van Boxel, belge, après 23 ans passés en Zambie, Tanzanie et Ouganda avec les Pères Blancs, raconte sa première rencontre avec le mouvement des Focolari et son choix de devenir missionnaire.

    J’étais à la fin de mes études secondaires. Dès mon enfance, lorsque l’écoutais les récits de mon oncle missionnaire au Congo, j’étais fasciné par l’Afrique. Je n’aimais pas le style de vie bourgeois de la société belge, quand je voyais la pauvreté et les injustices sociales partout dans le monde. La pensée de Julius Nyerere m’intéressait, c’était le premier président de la Tanzanie (son procès de béatification est en cours, ndr). Son concept de Ujamaa (en swahili ‘être famille’) fut la base des politiques de développement économique et social qui, après l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, avait mené la Tanzanie à la construction d’une coexistence pacifique entre les tribus et les groupes ethniques. Sa pensée se fondait sur la tradition africaine et sur l’exemple des premières communautés chrétiennes raconté dans les Actes des Apôtres.

    J’ai demandé de pouvoir entrer chez les Pères Blancs, pas tellement dans le souci de discerner ma vocation, mais parce qu’ils travaillaient en Tanzanie. Nous nous sommes mis d’accord pour faire connaissance pendant un an. Arrivé dans leur maison, auprès de l’université de Louvain (Belgique), j’ai commencé à faire partie d’un groupe maoïste d’extrême gauche, à leur insu. Nous avons organisé des actions en faveur des pays du tiers-monde et pour l’indépendance de l’Angola et du Mozambique.
    Pendant une manifestation, la police a trouvé mon nom sur des tracts et est venue m’interroger. J’ai pensé qu’il valait mieux changer complètement de route. De plus j’étais déçu de mes amis, parce que j’étais le seul à payer le prix de nos actions. En revanche, le directeur spirituel m’invita à rester et à prendre contact avec un groupe d’étudiants qui se réunissait chaque mois chez eux. Je les avais entrevus, j’avais l’impression qu’ils avaient la tête dans les nuages, ils parlaient de Jésus et d’Évangile. Mais j’ai accepté. La première fois que j’ai participé à une de leur rencontre, j’écoutais en silence. Ils racontaient comment ils essayaient de mettre en pratique l’Evangile. A la fin ils m’ont demandé ce que j’en pensais. « L’Évangile existe depuis deux mille ans et le monde est toujours plein d’injustices, d’exploitation et d’oppression ». « Si tu veux changer le monde, commence par toi-même », me répondit l’un d’entre eux. Je n’ai pas su comment contrecarrer. « Par où ?” ai-je demandé. Il mit dans mes mains la Parole de Vie de ce mois-là : “Ne juge pas et tu ne seras pas jugé ».
    Le lendemain, même si je m’y suis mis à fond, je me suis aperçu que je jugeais toujours les autres. Ce n’était pas pour moi. Je retournai les voir pour dire que c’était impossible de ne pas juger. Ils m’incitèrent à ne pas me décourager et à recommencer après l’échec. Rentré chez moi, j’ai prié Jésus Eucharistie : « Si Tu veux que je vive de cette manière, aide-moi, parce que tout seul je ne peux rien faire ».

    Une fois terminée l’année universitaire, j’étais sûr que les Pères m’auraient demandé de m’en aller. Au contraire ils me dirent avoir remarqué un changement en moi et que, si je voulais, j’aurais pu commencer ma formation. Grâce au contact fréquent avec ces jeunes, les « Gen » (New Generation), qui vivaient la communion des biens entre eux, et l’aide du responsable des Focolari en Belgique, j’ai trouvé ma voie et je suis devenu missionnaire. Vivre pour les autres me donnait une grande joie. C’est comme cela que j’ai découvert le grand idéal de l’unité de Chiara Lubich et du mouvement des Focolari.

    Avant de partir pour l’Afrique, en’ 82, j’ai été ordonné prêtre. Le défi le plus grand a été de chercher un dialogue profond avec la population du lieu, en pratiquant l’art de « se faire un ». J’ai étudié leur langue et la culture locale, pour m’approprier les coutumes des gens. Je fais l’expérience qu’à la lumière de l’Évangile, tout ce qui est beau, bon et vrai s’élève à un niveau plus haut, le reste s’évanouit peu à peu.

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