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    Noorjeahan Majid, Prix Klaus Hemmerle 2016

    lundi 1er février 2016

    La prestigieuse reconnaissance en mémoire de l’évêque d’Aix-la-Chapelle (1929-1994), décernée à des personnes constructrices de ponts, a été octroyée à une doctoresse musulmane du Mozambique, directrice du programme Dream pour le traitement du Sida.

    « Notre grand rêve – déclare Noorjehan Majid à la cérémonie de remise du prix survenue le 22 janvier en Allemagne en présence des autorités civiles et religieuses – est de pouvoir soigner le million et demi de personnes de notre pays malades du Sida. Jusqu’à présent, nous avons traité 300 000 personnes, dont 70 000 enfants. En outre, grâce à des traitements appropriés, plus de 60 000 mères infectées ont pu donner le jour à des enfants sains. » Même si on est encore loin du but, ces résultats flatteurs sont signe d’espérance, justement en raison de l’engagement de personnes comme Noorjehan et son équipe, qui travaillent pour le programme Dream promu par la Communauté de Sant’Egidio.

    Noorjehan Majid est une musulmane croyante. Comme femme de foi, ses actes ne se limitent pas au domaine médical. Elle met l’accent sur les rencontres entre chrétiens et musulmans, afin qu’ensemble on puisse contribuer au changement d’une mentalité qui, encore aujourd’hui, marginalise et stigmatise les porteurs du virus. Sa volonté de « construire des ponts » dans la multiplicité des cultures et traditions, unissant les hommes entre eux au nom de l’humanité, « est un signe puissant – exprime Maria Voce, présidente des Focolari, dans son message – de ce que les femmes du continent africain peuvent apporter au développement humain et éthique de la société ».

    Le prix, institué en 2004 et attribué tous les deux ans à des personnalités qui se distinguent en tant que « constructeurs de ponts » – dont le professeur juif Ernst-Ludwig Ehrlich (2004) et le patriarche œcuménique Bartholomée Ier – a voulu cette année donner une reconnaissance à l’action d’une femme musulmane, qu’Annette Schavan, ambassadrice allemande auprès du Saint-Siège, définie comme « une bonne samaritaine de notre temps ».

    Tiré d’un texte de Klaus Hemmerle (1980) :

    Nous sommes des constructeurs de ponts,
    tendus de l’infini à la poussière.
    Seulement dans cette tension nous sommes des hommes.
    Mais cette tension se maintient malgré tout
    parce qu’il est Un
    qui est Dieu et poussière :
    Jésus Christ.
    Il nous invite,
    Il vit en nous.
    Il vient à nous en chaque personne.

    De : La Luce dentro le cose – meditazioni per ogni giorno. (La lumière au-dedans des choses – méditations quotidiennes) Publié par Erich Strick, Città Nuova 1998, p.127

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