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    Evangile vécu : l’accueil de réfugiés comme des frères en humanité

    jeudi 14 janvier 2016

    “L’amour est la force la plus puissante du monde : elle déclenche, autour de ceux qui le vivent, la pacifique révolution chrétienne ». Cette pensée de Chiara Lubich nous encourage, ainsi que ce témoignage, à mettre en pratique la Parole de vie du mois.

    “Epuisés, mais résolument accrochés à l’espérance, celle-là qui les avait soutenus dès le début de leur long et fatigant voyage, cinquante jeunes africains sont arrivés dans notre ville. Ils étaient partis de la Libye, les uns pour fuir les conflits religieux entre chrétiens et musulmans fondamentalistes, les autres pour échapper à la misère de contrées trop exploitées. Amassés sur les plages, tabassés, dévalisés, contraints, finalement, à devoir prendre le large sur des embarcations bondées, à fleur d’eau… pour aller on ne sait où. Beaucoup n’avaient pas résisté. Ceux qui n’avaient pas perdu la vie nourrissaient encore quelque espérance. Après une étape à Lampedusa, une île au cœur généreux, mais devenue rapidement trop petite pour accueillir une émigration de masse, ils avaient été répartis dans diverses communes italiennes. Parmi celles-ci la nôtre, dans la province de Naples.

    “Nous, jeunes de la paroisse de San Felice in Pincis, ainsi que nos prêtres, nous avons couru leur rendre visite. Ils ne nous connaissaient pas et pourtant ils nous ont accueillis, tous désireux de nous écouter. Nous n’avions rien à leur offrir, sinon notre bienveillance : cette rencontre a changé notre vie. La paroisse, le quartier les ont adoptés. La première chose à faire était une collecte de vêtements : ces jeunes étaient arrivés pieds nus, sans autres habits que ceux qu’ils portaient. Nous avons rapidement mis sur pied des cours d’italien, organisé des échanges culturels ouverts aux habitants, sans oublier leur formation spirituelle.

    Nous avons été frappés par le fait que ceux qui étaient catholiques avaient avec eux une Bible : dépossédés de tout, ils avaient sauvé ce qui leur tenait le plus à cœur. Nous avions le sentiment d’avoir beaucoup à apprendre d’eux : lorsque tout manque, la foi en Dieu ne doit jamais manquer. La célébration du dimanche, transformée en une messe en trois langues – l’anglais et le français en plus de l’italien -, finit par des danses et des applaudissements, sur le rythme des bongos.

    Les musulmans ont reçu la visite de l’Imam. Les jeunes de l’Action catholique ont organisé une veillée de prière : blancs et noirs, catholiques et musulmans, voilà qui est déjà un signe tangible de paix entre les peuples et les religions.

    Un journaliste de la presse locale fait observer :” Quiconque entre en contact avec eux en sort bouleversé. Leur politesse, leurs valeurs, leur sociabilité, leurs dramatiques parcours personnels, abattent d’un coup les plus solides barrières de préjugés et transforment la « stérile » solidarité envers les démunis en aide fraternelle et proximité amicale ». Un témoignage qui montre la force contagieuse de l’Amour ».

    (Ilaria et Salvatore, Mouvement Paroissial, Italie)

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