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    Le cheminement de l’unité selon le pape François

    mercredi 9 décembre 2015

    En conclusion de la 34e rencontre des évêques de 16 Églises chrétiennes, amis des Focolari, réunis à Istanbul, l’intervention du cardinal Kurt Koch trace les contours du cheminement œcuménique. Notre interview.

    Œcuménisme de la charité, de la vérité, pratique et spirituel sont les quatre dimensions du cheminement œcuménique selon le pape François.

    Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, trace l’objectif de la pleine unité des Églises comme perspective du dialogue œcuménique. Selon le pape François, en phase avec ses prédécesseurs, « les divisions sont un scandale, l’engagement œcuménique doit enfin viser à la célébration commune de l’Eucharistie, et l’unité se réalise toujours dans la diversité réconciliée ». L’unité est un cheminement, sa profonde conviction se base sur le fait que « L’unité ne viendra pas comme un miracle : elle vient dans le cheminement, c’est l’Esprit Saint qui la fait dans le cheminement ». Le pape met le dialogue fraternel en priorité dans les paroles et dans les gestes, emplis de charité : la rencontre de chrétiens de différentes Églises, parce que « la vérité est une rencontre entre personnes. La vérité ne s’élabore pas dans un laboratoire, mais dans la vie, en cherchant Jésus ». Le dialogue théologique est important, mais il l’interprète comme un « échange de dons », qui n’est pas « un simple exercice théorique » ; il permet plutôt « de très bien connaître les traditions réciproques pour les comprendre et, parfois, aussi pour apprendre de ces traditions ». On peut surtout collaborer de manière pratique : prier ensemble, travailler ensemble, chercher la paix, protéger la création, aider les pauvres, défendre la liberté religieuse, le mariage et la famille. Mais l’unité « est premièrement un don de Dieu pour lequel nous devons sans cesse prier ».

    Après 50 ans de préparation, le Synode panorthodoxe aura lieu en 2016. Quelle influence pourra-t-il avoir sur le mouvement œcuménique ?
    « Si les églises orthodoxes retrouveront un peu plus d’unité entre elles, ce sera une grande aide pour l’œcuménisme et aussi dans le cheminement pour pouvoir célébrer l’Eucharistie ensemble, catholiques et orthodoxes. Je suis convaincu que le Patriarche œcuménique Bartholomée donne tout son cœur pour ce Synode panorthodoxe. Comme Église catholique, nous voulons aider autant que possible et nous prions intensément. »

    Les chrétiens persécutés sont aujourd’hui nombreux. Pourquoi le pape met-il beaucoup en évidence l’importance de l’œcuménisme du sang ?
    « Nous devons être conscients que 80% des hommes persécutés au nom de la foi dans le monde sont chrétiens. Il y a plus de persécutions aujourd’hui que durant les premiers siècles du christianisme. C’est un fait qui doit provoquer une grande solidarité entre toutes les Églises, car les martyrs ne sont pas persécutés parce qu’ils sont catholiques, arméniens, orthodoxes, anglicans, pentecôtistes, luthériens, mais parce qu’ils sont chrétiens. Leur sang ne divise pas, mais unit. Les martyrs vivent déjà la première communion au ciel, que nous devons retrouver sur terre. Ils nous aideront pour le cheminement de l’unité. »

    La 34e rencontre des évêques œcuméniques des Focolari est terminée. Quelle contribution ce type de rencontres peut-elle apporter à l’unité entre les Églises ?
    « Le ministère de l’évêque est un ministère d’unité dans sa propre Église et l’unité entre les Églises est, en même temps, une grande obligation pour tous les chrétiens parce que c’est la volonté de notre Seigneur. Et tous les évêques veulent obéir à la volonté de Dieu. De telles rencontres peuvent aider à retrouver l’unité dont de nombreux concepts sont présents dans les différentes Églises. Chercher un consensus, dialoguer est l’engagement le plus important dans cette époque de l’œcuménisme. Et je suis très reconnaissant envers les Focolari pour cet engagement dans l’œcuménisme. »
    Par Aurelio Molè

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