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    Gen Verde en Hongrie, "on the other side"

    jeudi 1er octobre 2015

    Des milliers de personnes présentes à Szeged, venant de différentes villes de Hongrie, de la Serbie et Roumanie voisines, le 25 septembre dernier, pour l’unique spectacle de l’ensemble international des Focolari dans le pays hongrois.

    « Start Now ! » C’est-à-dire, commence ici et maintenant. À faire quoi ? Construire des relations authentiques et générer de la confiance. Une invitation qui « vaut son pesant d’or » dirait-on, celle que le Gen Verde a choisie comme titre du concert-workshop, présenté sur la scène du Tágas Tér Festival, le 25 septembre dernier à Szeged (Hongrie). Les protagonistes, dans huit workshops avec les artistes, étaient 120 jeunes de deux écoles supérieures, dont ceux d’un institut professionnel fréquenté par des étudiants venant d’un milieu familial difficile.

    « Tágas Tér, qui signifie littéralement ‘espace ouvert’ – explique un des organisateurs – est de fait un grand rendez-vous œcuménique qui montre le réseau des centaines d’activités dans le monde pour la solidarité citoyenne. Szeged est à 15km de la frontière avec la Serbie et, par conséquent, beaucoup de personnes qui étaient présentes au spectacle assistent quotidiennement au passage des milliers de migrants, avec la mer de questions et douleurs qui l’accompagne.

    Durant le concert, beaucoup de titres de « On the Other Side« , le dernier album du Gen Verde, sorti moins d’un mois plus tôt. Mais qu’est-ce que « l’autre côté » ? beaucoup se le sont spontanément demandé. « C’est la personne devant moi, qui pense autrement que moi ; c’est la personne pour laquelle je n’ai pas d’estime, ou que je n’apprécie pas », explique Adriana García, bassiste mexicaine du groupe.
    Un spectacle puissant, palpitant et en même temps capable de remettre en question des positions et styles de vie. Parce que ce qui émerge de la musique et des textes, c’est la certitude que la route vers la solution à un monde cassé et séparé par des murs, passe par la compréhension de la richesse inhérente à la diversité.
    Parmi les onze titres de l’album, il y a l’histoire du difficile chemin d’un peuple entier dans le morceau « Voz de la Verdad » (Voix de la vérité) sur l’Évêque salvadorien Oscar Romero, ou la chanson sur la division des deux Corées, très actuelle et réalisée sur des mélodies K-pope. « Ce sont des histoires qui ne nous permettent pas de tomber dans l’indifférence – commente une jeune – ou d’oublier nos frères dont nous sommes séparés par une frontière. Nous avons senti un fort appel, celui de donner même notre vie dans la lutte pour la justice ». « Inutile de dire que, peut-être aussi en raison de ce que nous vivons dans notre pays avec la question de l’immigration, le moment le plus fort du concert a été la chanson ‘Chi piange per te’ (Qui pleure pour toi) – une douce berceuse dédiée à une fillette disparue dans les eaux du Canal de Sicile – a confié une amie qui travaille dans les médias. Le pasteur réformé Gábor Czagány, un des organisateurs du Festival : « Ce qui m’a le plus touché, c’était le visage des jeunes des écoles qui ont participé aux workshops : joie, participation, engagement. On pressentait la portée de l’expérience réalisée : sept jours qui ont laissé des traces. Maintenant, c’est à nous de faire en sorte que tout ne soit pas perdu ».

    Des jeunes offrent une espérance d’unité – Alessandra Pasquali, actrice et chanteuse du Gen Verde, tient à préciser : « Notre travail n’est pas de monter sur une scène, chanter, nous produire et repartir. Nous ne pouvons pas faire abstraction de la construction de rapports authentiques avec les personnes, de ‘sentir’ ce que vivent les personnes qui viennent assister à nos concerts, dans quelles eaux naviguent les jeunes avec lesquels nous faisons les workshops ». C’est pour cette raison que les vidéos-interviews aux jeunes participants aux laboratoires, projetées avant le début du concert à Szeged, faisaient partie intégrante du spectacle, parce qu’ils l’avaient construit. Voici quelques réactions des jeunes : « Le projet ‘Start Now !’ m’a ouvert les yeux : il m’a appris à ne pas juger les étrangers. Et cela demande du travail : il faut de la persévérance et de la confiance ».

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