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    Dans la bande de Gaza, à Florianopolis, Florence et Goma : des jeunes qui n’ont pas froid aux yeux ...

    des jeunes qui n’ont pas froid aux yeux...

    lundi 8 juin 2015


    Aurore habite près de la cité-pilote de Loppiano : “ Après avoir obtenu mon diplôme en optique, je suis partie pour l’Angola pour un projet humanitaire. Il s’agissait de mesurer la vision des gens et distribuer des lunettes dans un poste médical de Caritas. Je suis arrivée là-bas et j’ai découvert une pièce complètement vide. Il fallait la transformer en ambulatoire. Grâce à la communication par sms, les personnes ont commencé à arriver. Le matin, je faisais les visites dans l’ambulatoire et l’après-midi, j’allais dans un centre d’accueil pour enfants abandonnés. Par cette expérience, j’ai appris que si je désire vivre une belle vie, je dois m’engager chaque jour à sortir de ma “zone de confort”. Oui, à ce moment elle me fait sentir en symbiose avec le monde mais ensuite elle me laisse seulement le vide et un sentiment d’insatisfaction. “


    Puis c’est Kareem, 23 ans, de la bande de Gaza en Palestine qui évoque la destruction de sa ville, de sa terre, la terreur expérimentée devant une violence sans limite. “En 2008, nous avons vécu 28 jours dans une tension constante, sous les bombes qui tombaient jour et nuit. Quelque temps après, avec ma famille, nous avons réussi à quitter la bande de Gaza pour aller vivre en Jordanie. Avec la communauté du focolare, en expérimentant la vie de l’amour entre nous, j’ai réussi petit à petit à dépasser ces traumatismes en moi. J’ai recommencé à croire qu’avec l’amour nous pouvons construire un monde de paix. Depuis 7 mois, je me trouve à Loppiano et je vis avec des jeunes de différentes cultures et religions. C’est une nouvelle expérience parce qu’à Gaza nous n’avons pas de contacts avec le monde extérieur. Cela n’a pas été facile mais en cherchant à m’ouvrir, à accepter les autres comme ils sont, en un mot à aimer, maintenant, je me sens chez moi. J’ai trouvé ce trésor que je cherchais”.


    Micheline, Congolaise, a étudié l’économie et la politique à Goma et fréquente actuellement l’Institut Universitaire Sophia à Loppiano. “A Goma, raconte-t-elle, nous avons commencé à lancer des projets comme la campagne “Goma veut de l’eau”. Nous l’avons écrit partout pour faire comprendre que l’eau est un droit pour tous. Nous avons organisé des manifestations publiques et des rencontres avec les autorités locales. ” Un vrai mouvement pour un changement social, en réaction à la corruption se répandant dans le pays Une prise de position qui lui a coûté une arrestation, elle et quelques compagnons. “Ils m’ont enfermé dans un hangar découvert parce que la prison n’avait pas d’aile pour les femmes. Je me rappelle le froid la nuit, les moustiques. J’ai subi des dizaines d’interrogatoires. Je comprenais que j’étais en train de risquer ma vie et que je pouvais être condamnée. Ce qui m’a soutenu durant ces moments terribles fut la force de l’unité qui me liait aux autres jeunes qui vivaient comme moi cet idéal et qui mettaient l’amour au centre de leur vie. Après huit jours, j’ai été libérée. J’ai compris que pour opérer un vrai changement, la force vient de l’amour. Aujourd’hui, notre mouvement est connu dans la région et en d’autres endroits du pays, nous avons organisé une centaine d’actions et obtenu quelques réponses concrètes. Et nous sommes encore vivants malgré les menaces et les tentatives d’instrumentalisation”. Elle conclut en disant que même s’il est difficile d’être maintenant loin de son pays, elle a choisi d’étudier à Sophia pour apprendre une politique différente basée sur le principe de la fraternité : parce que la politique est une vocation, ce n’est pas un travail”.


    Le drame des chrétiens d’Irak a été présent à travers deux témoignages vidéos d’Erbil, la ville dans laquelle beaucoup se sont réfugiés et où il y a un mois, les premières bombes sont tombées. Sassan raconte : “Etre chrétien veut dire porter la croix. Les chrétiens ont toujours été porteurs de croix sur cette terre. Les circonstances dans lesquelles nous vivons ne sont pas faciles. Il y a eu un grand mouvement de migration de populations à l’intérieur du pays. Derrière chez moi, il y a les caravanes où vivent beaucoup de familles réfugiées. La chose belle et qui a porté beaucoup de fruits est que jusqu’à aujourd’hui, nous pouvons voir l’espérance dans les yeux des jeunes. Ils sont en train de travailler avec ténacité. Ils veulent aller de l’avant malgré tout sans abandonner leur pays. “


    Francesca vit à Florence et avec sa famille, elle gère un ‘Bed and Breakfast’. Rentrés à la maison après les Journées Mondiales de la Jeunesse de Rio de Janeiro, ils ont pris une décision : en réserver une partie pour l’accueil des migrants. “Jusqu’à aujourd’hui, il en est passé 812, chacun avec des histoires vraiment douloureuses derrière lui. Nous avons vu que l’amour peut guérir beaucoup de plaies. Ainsi, nous avons continué à aller les trouver Joy et sa famille, et à pourvoir à leurs besoins. Quand le bébé est né, ils ont demandé à mes parents d’être les parrain et marraine. Maintenant, ils les appellent “maman” et “papa” ! Quand ils auront le droit de séjour définitif, ils veulent revenir vivre près de nous. Chaque fois que j’entends au JT parler des naufrages en mer, je sens mon coeur se serrer. Dans l’Evangile, nous avons trouvé la réponse. Ce que nous faisons, c’est chercher à vivre concrètement la parole de Jésus : ” J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’étais étranger et vous m’avez accueilli”.


    Joao est Brésilien de Florianopolis. “Après le tremblement de terre de Haïti en 2010, qui a entraîné la mort de plus de deux cent vingt mille personnes, des milliers de Haïtiens ont émigré au Brésil. Avec les autres Jeunes pour un Monde Uni de ma ville, nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire. Eux, ils parlaient le français et le dialecte créole. Nous le portugais. De plus, nous ne connaissions pas leur culture. Nous leur avons demandé quelles étaient leurs principales difficultés : la langue, la communication. Nous avons donc commencé des leçons de portugais une fois par semaine avec des slides, des vidéos et de la musique. Puis, nous donnons un coup de main dans toutes les étapes de recherche de documents et l’inscription aux cours techniques gratuits du gouvernement. Cela leur permettra d’obtenir un travail, une vie meilleure. Nous avons organisé des soirées culturelles avec des plats, des danses et des chants typiques de leur pays. Nous sommes allés à la plage avec eux, nous avons organisé des parties de foot. On pense maintenant à constituer une association pour exploiter toutes les possibilités que nous offrent les institutions pour favoriser leur insertion sociale et culturelle. Tout n’est pas résolu, il y a du pain sur la planche. Mais il nous semble qu’une graine de fraternité a été plantée.”

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