A petits pas

    Interview de l’Osservatore Romano à Maria Voce

    mercredi 25 mars 2015

    Lorsque le Pape a rencontré les Focolari, en septembre dernier, il a parlé de Chiara Lubich comme “extraordinaire témoin” de l’unité, qui “a apporté le parfum de Jésus dans de nombreuses réalités humaines et pays du monde”. Et aujourd’hui, sept ans après la mort de sa fondatrice, le mouvement des Focolari reconfirme sa vocation à être une école de communion et un foyer d’unité au service de toute l’Eglise, comme le redit sa présidente Maria Voce dans cette interview.


    Croyez-vous que le charisme de l’unité de Chiara soit destiné à se réaliser ?


    Pensez-vous que si je n’y croyais pas j’aurais donné ma vie au Mouvement ? Nous croyons qu’il se réalisera parce qu’il coïncide avec la prière que Jésus a adressée à son Père : Que tous soient Un. […] Certes, nous ne savons pas comment, ni quand, mais nous donnons notre vie pour qu’elle se réalise. Nous faisons les petits pas qu’aujourd’hui nous pouvons accomplir pour accélérer la venue du moment de sa réalisation complète.
    Les mouvements ecclésiaux, quel rôle ont-ils aujourd’hui dans l’Eglise ?
    Un double rôle : d’un côté les mouvements sont porteurs de charismes, dons de l’Esprit Saint pour l’Eglise et l’humanité. Ils ont donc une influence sur toute l’Eglise, parce qu’ils sont mis à la disposition de tous pour la construction du corps ecclésial. […] Dans le cadre de chaque mouvement, s’exprime aussi un appel à une vie évangélique plus radicale.
    Il y a le désir d’un engagement plus grand, d’une ouverture au monde qui nous entoure. Ce sont les caractéristiques que les mouvements cherchent à vivre, mais que devraient vivre tous les chrétiens. […] Dans les associations, dans les mouvements on peut découvrir la valeur d’être l’un à côté de l’autre, pour se donner un coup de main, s’encourager, se soutenir et aussi se relever lorsqu’on est tombé. […]


    Lors de votre dernière assemblée le Pape François vous a confié trois verbes : contempler, sortir, se former. Comment les mettez-vous en pratique ?


    Le Pape François a cité une phrase de Chiara Lubich : ‘voici le grand attrait des temps modernes, pénétrer dans la plus haute contemplation et rester au milieu des hommes, homme parmi les hommes’. Chiara nous a toujours enseigné qu’il importe de devenir comme Jésus, devenir Jésus. Contempler signifie donc être Jésus, devenir Jésus, en vivant l’Evangile dans tous ses aspects, en parvenant à découvrir ce que Jésus est en train de faire dans l’histoire, ce qu’il veut nous dire à travers chaque homme que nous rencontrons. […]
    Quant à « sortir », c’est l’une de nos priorités. Nous l’avons particulièrement ressentie lorsque le Pape François l’a soulignée et nous avons éprouvé la joie d’être à l’unisson avec ce qu’il nous demande aujourd’hui. « Se former » : nous invite à être particulièrement attentifs à revisiter continuellement notre charisme : non pas pour le transformer, mais pour voir comment répondre aujourd’hui aux signes des temps, en accueillant les langages, les styles, les questions nouvelles que l’humanité exige. Nous faisons en sorte que tout cela soit nôtre pour exprimer le charisme de toujours en l’ajustant à notre époque.


    Comme présidente, quelles priorités indiquez-vous pour l’avenir du Mouvement ?


    Ce n’est pas moi qui décide des priorités. J’accueille celles qui sont exprimées par le Mouvement dans le monde entier. L’exigence qui est ressortie de la dernière assemblée est celle d’être très ouverts et de sortir vers les périphéries, qui ne sont pas seulement géographiques, mais qui sont partout où manque l’amour et où les divisions empêchent que se réalise l’esprit d’unité du charisme que Chiara nous a laissé. […] Cela implique une attention particulière envers les lieux où ces divisions se manifestent davantage. Nous pensons aux Pays où la différence entre classes sociales est énorme, à ceux où les différences religieuses deviennent des motifs de lutte, de guerre, de terrorisme. En regardant particulièrement ces pays, nous voulons dépenser notre énergie, nos talents et faire tout notre possible pour les aider. Sans toutefois oublier l’Europe qui a perdu son âme religieuse parce qu’elle s’est coupée de ses racines. Nous portons aussi de l’avant le dialogue avec la culture postmoderne, avec cette nuit qui semble envelopper la vie des hommes d’aujourd’hui.


    De Nicola Gori, Osservatore Romano le 18 mars 2015

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