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    Maroc, journal de bord

    16 mars 2015

    mercredi 18 mars 2015

    Cette année l’immigration marocaine fête ses 50 ans en Belgique. Le Maroc, pays aux charmes à la fois méditerranéens et orientaux, compte plus de 32 millions d’habitants, essentiellement des musulmans. Les chrétiens, très peu nombreux, viennent de l’étranger. Le récit de deux focolari en visite auprès de leurs communautés de Fez et de Tanger, composées de chrétiens et de musulmans.

    La “Règle d’or” « Fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse à toi-même » , que propose l’Evangile (Mt VII,12) est présente aussi dans l’islam et les autres religions. Lorsqu’elle est mise à la base de chaque rapport, elle engendre – comme cela s’est produit sur ces terres – une relation empreinte d’amour qui suscite un fécond « dialogue de la vie » avec ceux que l’on rencontre. Un dialogue tissé de petits gestes, d’attention à l’autre, de respect, d’écoute. C’est cet amour concret du prochain qui a permis que naissent au Maroc quelques communautés focolari, où la fraternité l’emporte sur les différences de culture, de tradition et de religion.

    Voici quelques extraits du journal de bord écrit par Claude, accompagné de Ivano, en visite auprès de ces communautés, fin janvier et début février dernier.
    « Nous sommes à Fez, ville impériale, très fière de sa tradition hautement spirituelle. De nombreux étudiants subsahariens viennent y faire leurs études supérieures. Ils fréquentent volontiers la paroisse francophone ainsi que son curé qui m’a demandé de faire la catéchèse sur les sacrements à une vingtaine d’entre eux. L’occasion de vivre ensemble un échange profond et convivial. Le groupe ’Parole de Vie’ (échange et méditation de la Parole vécue) de la paroisse a réuni une trentaine d’étudiants en médecine, chimie, informatique, y compris les cinq venus de Rabat. Ensuite dîner chez les Petites Sœurs de Jésus qui vivent en plein cœur de la Médina.

    Arrivée à Tanger pour rencontrer le petit groupe d’une quinzaine de personnes, musulmans et chrétiens, qui vivent la spiritualité de l’unité.
    Soirée avec un couple qui nous considère désormais des frères. Déjeuner chez Mohamed, dont la femme souhaite approfondir la spiritualité de l’unité. Elle partage ce qu’elle a vécu avec le gardien de l’immeuble où elle travaille, qui ne la saluait plus. Il voulait qu’elle lui rapporte de l’huile de sa patronne espagnole quand celle-ci n’était pas là. Refus de sa part, car l’huile ne lui appartient pas. Mais peu après elle reçoit un litre d’huile d’olive de sa mère. Elle lui apporte la bouteille en lui expliquant que cette huile est à elle et qu’elle peut donc en faire ce qu’elle veut. L’homme n’en revient pas et se confond en excuses. La réconciliation est faite.
    Fawzia nous rejoint : elle a fondé une petite école dans un quartier pauvre de la périphérie. Elle raconte que l’épicier d’à côté se met devant l’entrée pour dire aux mamans d’inscrire leurs enfants dans une autre école qui vient d’ouvrir, alors que l’an dernier elle avait accueilli son fils. Elle ne lui en veut pas : un jour elle lui demande ce qu’il avait contre elle, mais pas de réponse. Elle a su qu’il agissait ainsi parce qu’il avait obtenu deux places pour ses enfants dans cette nouvelle école, dont une gratuite, à condition de ramener les enfants qui voudraient s’inscrire chez Fawzia.
    Fawzia est toute contente des fruits de son travail : ce premier semestre, ses élèves de l’an passé, qui ont rejoint l’école primaire publique du quartier, comptent tous parmi les meilleurs. On l’accompagne au garage de son mari associé avec le propriétaire du local, tout content de nous le montrer. Puis on rencontre son frère qui vient d’avoir une voiture d’occasion, mais il doit remplacer le pare-brise : il a voulu aider une femme âgée en prenant ses sacs du marché. Au retour il la retrouve sur la route en train de lancer une pierre pour éloigner un chien, mais celle-ci vient casser le pare-brise de sa voiture. La vieille dame est désolée et veut lui donner le peu d’argent qui lui reste, mais il lui pardonne et lui dit qu’il trouvera un moyen pour le remplacer.
    Soirée rencontre avec des familles …. Avant de se quitter Ahmed nous invite à rester dormir chez lui. On accepte et Ahmed est très content. On passe la soirée avec sa famille, il va chercher un tagine viande.

    Dimanche après-midi, rencontre détente chez Fawzia avec toute sa famille. Promenade autour de la maison, projection de quelques photos des amis d’Algérie. Visite à l’école de Fawzia. Le quartier grouille d’enfants qui jouent dans des rues boueuses et chaotiques. Les maisons y poussent comme des champignons. Toute joyeuse, elle raconte que deux enfants lui demandent de s’inscrire à son école qui a très bonne réputation dans le quartier. Six jours après, trois autres nouvelles inscriptions !

    Retour par Casablanca. Soirée avec Susana, Mohammed et Nadedj. Demain je rentre en Algérie et Ivan rejoindra l’Italie, tous deux enrichis de la rencontre avec ces personnes qui s’engagent à vivre au quotidien pour un monde plus uni”.

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